Je vous le dis, je me plains un peu dans ce texte. Je pleure
sur mon sort. Alors si cela ne vous dit
rien, vous avez déjà le choix de ne pas lire et de passer votre chemin. Je suis
gentille n’est-ce pas ?
Je me moque un peu de moi, comme ça, vous allez comprendre
que malgré ma petite crise existentielle je ne me porte pas trop mal. Que ça
fait du bien un peu de dire les vraies choses même si ce n’est pas drôle.
Et je sais que la vie ne fait pas de cadeau à personne.
Le temps s’étire et s’étire encore. Il m’allonge la fatigue.
Le poids de la culpabilité.
Oui celle-là parfois m’agresse le cœur et l’esprit. Me
bousculant dans mes idées et mes sentiments. Faisant de moi un animal traqué
par le malaise d’indifférence.
En vérité je ne suis pas du genre à vouloir recevoir. Je n’ai
pas l’énergie pour ça. Mais cela laisse penser que je ne veux voir personne.
Alors que j’en paie lourdement le prix ensuite. Si je voyais tout le monde
comme il se devrait, bien je serais complètement alitée par manque d’énergie.
Tout projet est toujours entre parenthèse. Parce que si la
fatigue est trop grande, si mon corps souffre trop, bien je dois remettre. Et
encore remettre. Ou bien annuler. Que j’ai cessé de vouloir planifier à voir mon
monde. Que ceci laisse sentir que ça me dérange.
Vous n’avez pas idée du mal que ça provoque. Comme aujourd’hui,
j’avais planifié de retourner une dernière fois au jardin botanique pour voir
les papillons en liberté, seulement, je n’irai pas. Je suis trop épuisée. Alors
marcher, prendre le bus, bien niet. Ça
me désole pour moi, mais là, y a juste moi. Personne d’autre est impliquée.
Mais quand j’invite, remettre c’est difficile. Les gens ne
perçoivent pas l’ampleur que c’est. L’énergie que ça demande. Et je me sens
coupable. Terriblement. Des journées comme aujourd’hui où ça me gruge le cœur.
J’aimerais ça voir mes grands enfants. Leur dire venez, on va se faire un bon
souper, on va s’amuser… Seulement, si je laisse la porte ouverte constamment,
je n’aurai plus aucune énergie. Il me faudra dormir constamment ensuite,
trainer encore plus la patte, parce que mon corps refusera d’avancer. Refusera d’obéir.
Et là, la vie de tous les jours, subira les effets dévastateurs.
Je me tiens en équilibre entre deux chaises. Et il ne faut
pas que l’une s’éloigne trop. Ce sera la rigolade amère d’une vie encore pire
que maintenant. Je ne peux me le permettre. Pas avec deux enfants. Même si j’ai
un conjoint, il n’est pas dieu. Il est un homme serviable, qui ne chiale jamais
sur les responsabilités et qui s’occupe de sa mère veuve. Il fait beaucoup ici.
Je n’ai pas de reproches à faire sur ces notions-là. Et aujourd’hui, c’est tout
ce qui compte.
Les gens bien de leur corps, ne s’imaginent jamais ce que ça
peut être de juste faire son lit, prendre sa douche, passer le balai pour des
gens comme nous. C’est comme si on travaillait en vingt minutes une journée
entière à soulever des cartons, des caisses. Nous sommes totalement vidé.
Si j’abandonne mon envie d’aller voir les papillons, c’est
que ma dernière a un match de soccer en fin d'après midi, foot pour vous les européens, et que
samedi, j’espère faire une sortie. Donc, je me dois de ne pas dépasser mes
limites physiques si je veux parvenir à le faire.
Mes grands me manquent. Mais je n’ai rien à dire. Rien de
neuf. Rien de positif. Je n’ennuierai personne. Mais je les adore.
Bon, j’arrête cette dose de pleurnicheries. J’assume. Et merci d’avoir lu si vous avez été jusqu’au
bout. Je sais que ce n’est pas agréable de lire des jérémiades. Mais cette
maudite culpabilité a le don de rendre les gens misérables dans leur misère.
Dans leurs déboires que parfois je la déteste.
La Grosse Tendre qui vous dit à la prochaine
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